Une conjoncture satisfaisante pour les produits laitiers caprins

En 2005, le marché des produits laitiers caprins confirme les résultats encourageants de 2004 :
- Avec 351 millions de L produits sur les 9 premiers mois de l’année, la collecte 2005 se soldera, selon l’ONILAIT par une « hausse maîtrisée » d’environ 2,5% et approchera les 420 millions de L. La production fermière est estimée (de manière moins précise) à 150 millions de L.

- Les importations sont en hausse : +14% sur les 9 premiers mois, elles approchent sans doute 55 millions de L pour l’année 2005, soit 13% de la collecte nationale. Le lait importé provient essentiellement d’Espagne et des Pays-Bas. Hors, dans ces deux pays, pour des raisons conjoncturelles (sortie de crise aux Pays-Bas, sécheresse et crise sanitaire liée à la fièvre catarrhale en Espagne), le prix du lait est actuellement assez élevé. Ces importations ne correspondent pas à des achats « spot » de matière première à bas prix, mais bien à un approvisionnement complémentaire nécessaire (notamment en période de faible production en France) dans un contexte ou le marché « tire » les fabrications.

- Les stocks de produits de report étaient très bas en début d’année. Ils ont été partiellement reconstitués au printemps, avec des fabrications de produit de report très importantes, mais demeurent à des niveaux très inférieurs aux années précédentes.
- Les fabrications poursuivent leur hausse régulière, sur le même rythme que l’année dernière : + 5,5% par rapport à 2004, soit une production d’environ 80 000T de fromages de chèvre. Cette hausse des fabrications concerne particulièrement les formats bûche et bûchette, qui représentent environ 50% des fabrications.

- Les achats des ménages poursuivent leur progression : + 1% en cumul annuel mobile arrêté à novembre 2005. Malgré le léger recul des prix moyens à la consommation sur cette même période (-0,7%, essentiellement dû à un mix produit défavorable), l’évolution globale en valeur reste positive.
- Les exportations, sur des volumes qui restent modestes (8 700 tonnes en 2004), sont très dynamiques (croissance supérieure à 10% depuis quelques années).

- Les ventes de fromages de chèvre aux industries agro-alimentaires, après avoir connu un développement à deux chiffres jusqu’en 2002, marquent le pas depuis 2003. En 2004, elles augmentent tout de même de 2,7 %. Le marché est donc très sain : la demande en produits est soutenue par une forte consommation. Le marché à l’export se développe. La demande des industries agroalimentaires se confirme. Les fabrications industrielles sont dynamiques, et entraînent une demande soutenue de lait.

Des charges qui augmentent dans les exploitations

L’IPAMPA avait déjà subit, en 2004, une augmentation spectaculaire, passant d’un indice de 110.1 en 2003 (base 100 en 2000) à 113.7, principalement en raison de la très forte augmentation des prix des aliments achetés. Au début de l’année 2005, les prix se sont stabilisés à un niveau élevé. Mais l’IPAMPA continue à augmenter, notamment à partir de l’été 2005, surtout en raison de l’augmentation très forte du prix du carburant. L’indice termine, en décembre 2005, à 114.5.

Une revalorisation nécessaire du lait de chèvre

De nombreux arguments plaident donc aujourd’hui pour une revalorisation du prix de base du lait de chèvre :
- Le prix de base du lait de chèvre stagne depuis des années (entre 1992 et 2002, le prix de base n’a quasiment pas évolué),
- Les charges des producteurs augmentent,
- Le revenu horaire des éleveurs caprins apparaît, dans une étude de l’Institut de l’Elevage, comme le revenu horaire le plus bas de toutes les filières animales. Cela a des conséquences sur la pérénnité de la filière : risque de découragement des producteurs en place, déficit d’installations,...
- La conjoncture des produits laitiers caprins est favorable.

Négociations 2005-2006 : un bon début

C’est pourquoi la FNEC a tout au long de l’année soutenu et encouragé les actions régionales pour une revalorisation du prix du lait. Nous avons notamment envoyé, au mois de novembre 2005, un courrier à l’ensemble des directeurs.

Concrètement, cela s’est soldé, par une augmentation du prix de base de 4€/1000L au 3ème trimestre 2005, et une augmentation de 8€/1000L au 4ème trimestre 2005 par rapport à la même période en 2004 (source : enquête sur les prix de l’Institut de l’Elevage). Il faut noter que cette augmentation de 8€ intervient dans une période de creux de collecte. Cette augmentation a été effective en dans le Centre-Ouest et le Sud-Ouest. Dans les autres régions (Centre et Sud-Est, notamment), où le prix de base est en moyenne plus élevé, il reste inchangé, mais le prix moyen payé aux producteurs augmente de plus de 1,5%, notamment grâce à une hausse sensible de la composition.

D’autre part, de nouvelles négociations ont eu lieu à la fin de l’année 2005, concernant les prix pour 2006. Dans un contexte toujours favorable, les éleveurs ont revendiqué une nouvelle revalorisation du prix de base. Suite à ces discussions, une nouvelle augmentation de 8€ / 1000 L a été accordée par certaines entreprises ayant une collecte en Centre-Ouest.

La FNEC, qui mettait depuis plusieurs mois l’accent sur une nécessaire revalorisation du prix de base constate avec satisfaction, en ce début d’année 2006 que les transformateurs ont fait un premier pas dans ce sens, que ce soit sur le prix de base ou dans le cadre de mesures d’accompagnement qualité (encouragement à l’adhésion au code mutuel par exemple).

Cette augmentation des prix est considérée comme une avancée significative, mais encore insuffisante. Les représentants de la FNEC au sein de l’ANICAP continueront leur travail de concertation nationale dans ce sens. D’autre part, la FNEC continuera à approuver et encourager les actions de sensibilisation auprès des consommateurs et des grandes surfaces, et de manière plus générale les actions pouvant aboutir à une augmentation du prix du lait de chèvre.