Accueil du site || Archives || Rapports d’activité || Rapport d’activité 2005 || Le questionnaire Qualité Casino

Le Groupe Casino a envoyé début 2005 à tous ses fournisseurs, y compris les producteurs fermiers, un dossier de présentation de leur entreprise à remplir, pour évaluer les garanties offertes en matière de sécurité alimentaire. Ce dossier devait être retourné à Casino, accompagné d’un chèque de 200€ pour les frais d’analyse du dossier. En cas de réponse non satisfaisante, un audit pouvait être imposé, et facturé 800€. Si cet audit se révélait lui aussi non satisfaisant, le groupe casino pouvait suspendre ses achats à la structure.

La position de la FNEC : un choix individuel des producteurs

Il faut tout d’abord rappeler que ce type de questionnaires ne s’appuie pas sur des bases réglementaires. En effet, l’esprit et la lettre des textes français et européens reposent sur le principe de responsabilité des opérateurs. Cela signifie qu’en termes de sécurité sanitaire et de traçabilité, les éleveurs sont responsables des étapes qu’ils réalisent. Les distributeurs, qui se trouvent en aval de la filière, n’ont donc aucune obligation de contrôler les méthodes de leurs fournisseurs. En France, il existe des administrations habilitées à réaliser les contrôles, sanitaires : ce sont les notamment les DSV et les DDCCRF. Ces administrations délivrent déjà aux éleveurs fermiers des agréments sanitaires, ou des dispenses d’agrément, qui sont une garantie suffisante pour commercialiser des denrées alimentaires.

Il s’agit donc ici d’un courrier adressé de manière individuelle par un client à son fournisseur, dans le cadre de relations commerciales. Il appartient donc à chaque chef d’exploitation de décider s’il souhaite ou non répondre à ce questionnaire, et participer aux frais de traitement des données. Il s’agit d’une décision d’ordre stratégique, qui doit tenir compte du rapport entre le coût engendré par la réponse, et le risque en cas de non-réponse (perte d’un client).

Une action immédiate de la FNEC : conseil aux adhérents

Cependant, de manière à aider les producteurs fermiers qui devaient remplir ce type dossier, la FNEC a proposé un « guide de réponse », qui a été envoyé à l’ensemble de ses adhérents. Ce guide permettait à chaque producteur de bien identifier les points à mettre en avant pour faire valoir les bonnes pratiques des fermiers en matière d’hygiène.

De plus, en accompagnement de ce « guide de réponse », la FNEC a envoyé à ses adhérents un argumentaire à utiliser par les fermiers pour les aider à :
- mettre en avant leurs bonnes pratiques en matière d’hygiène
- argumenter leur situation de petit producteur, ne pouvant supporter une charge de 200€ pour un questionnaire qualité.

Une action à plus long terme : prise de contact avec le groupe Casino

De plus, dès que nous avons été saisis du dossier, la FNEC/FNPL a pris contact avec le groupe Casino, et avec la Fédération du Commerce et de la Distribution. L’objectif de ces contacts était d’expliquer la réalité de la transformation fermière aux distributeurs, qui la connaissent souvent mal.

Des représentants de la FNEC et de la FNPL ont donc rencontré des responsables du service Qualité de Casino, pour leur expliquer les réalités, les atouts et les contraintes de la production fermière (en insistant sur l’importance d’un coût de 200 ou 800€ pour une petite structure). De plus, à la demande du groupe Casino, le Guide des Bonnes Pratiques d’Hygiène (GBPH) pour les fabrications de produits laitiers et fromages fermiers a été présenté lors d’une réunion de l’ensemble des prestataires qualité de Casino.

Afin d’éviter au maximum un recours très coûteux aux audits, il a été proposé de faire évoluer le questionnaire, de manière à ce qu’il soit adapté à la production fermière, et plus facilement compréhensible. La FNEC et la FNPL, qui possèdent une expertise dans ce domaine, ont participé à cette ré-écriture, en mettant en avant le GBPH, qui s’est achevée en décembre 2005. Aujourd’hui, les producteurs fermiers peuvent donc répondre à un questionnaire adapté à leur situation, s’appuyant notamment sur des démarches de filière comme le GBPH.